Les voyages

Compagnie XY

Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir.
Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber.
Pierre Reverdy, La saveur du réel (1915)

La génèse du projet

Depuis l’émergence d’un grand collectif avec la création du ‘’Grand C’’, la compagnie XY a toujours eu l’envie profonde d’investir l’espace public.

Le désir de penser sa démarche artistique dans d’autres rapport représentation que ceux induits par les salles de spectacle.
Dès les premiers laboratoires du ‘’Grand C’’, nous avons tenté, par goût du jeu, des « Impromptus » dans des lieux de passage qui se présentaient à nous : des quais, des halls (…)
L’idée étant de projeter le collectif comme une communauté vivant un quotidien et un présent en dehors des plateaux et de le retranscrire dans une forme artistique qui raconte cela au travers des « portés » en prenant place dans l’espace public au milieu d’un autre quotidien et d’un autre présent.
Cela prenait la forme d’une vision poétique, acrobatique et éphémère.
Cette idée « d’impromptus » est restée suspendue en nous et régulièrement proposée en marge de nos spectacles pour des événements particuliers type « Capitales Européennes de la Culture » à Marseille 2013 ou Mons 2015, des festivals innovants comme ‘’Les tombées de la nuit» à Rennes, « Les Excentriques » en région Centre ou de grandes fêtes populaires comme la « Fête de la mer » à Martigues …
Presque 8 ans plus tard, nous nous projetons de faire de ces ‘’impromptus’’ désormais baptisés « Les Voyages », un des axes fort de recherche et d’expérimentation de la compagnie et d’y consacrer le temps nécessaire pour imaginer avec différents opérateurs culturels de véritables créations In Situ.
Depuis plus d’un an, un groupe d’une vingtaine d’acrobates se réunit régulièrement pour nourrir ce désir et cette réflexion mais aussi tenter et éprouver sur le terrain différentes modalités de rencontre avec un public qui n’en est pas un, établir des protocoles d’action et de mouvements par petits groupes -en commandos- ou en grand nombre.
Découvrir comment notre langage acrobatique peut investir un espace public, un édifice, un quartier en jouant de ses contraintes physiques. Pour offrir un instant, une émotion à part, proposer un autre regard à celles et ceux qui passent.

« Nous avons mis un pied dehors ! »
« Nous sommes des étrangers. Et pourtant... »
« Une légère perturbation du réel. »

Porteurs de mémoire
Nous avons été dans la rue et, dans un délicat mouvement, nous avons commencé à soulever, porter des inconnus. Cette expérience, nous a permis de réaliser la puissance de la mémoire sensible de chacun.
Tous, partageons ce vécu d’avoir été porté dès nos premiers instants et dans cette mémoire résonnent les sensations d’insouciance, de confiance et de tranquillité.
Combien de temps depuis sans avoir été porté ?
Notre intention est de prendre dans nos bras la gravité de l’autre, pour l’inviter à un bouleversant voyage dans ses mémoires.
Plus loin, nous croyons qu’en révélant ces mémoires intimes, celles-ci nous révèleront à leur tour quelques bribes d’une mémoire collective. Celles d’une place, d’un lieu chargé d’histoire, celles d’un quartier auxquelles nous espérons apporter notre pierre.
C’est aussi évidemment dans le dialogue avec les opérateurs culturels et d’autres structures locales que nous trouverons le meilleur espace-temps pour concevoir ce que nous appelons nos “architectures sensibles”.

Dossier de la création

Architectures sensibles
Nous parlons d’« architectures sensibles » car, en portant haut et loin notre regard, il est bien question de construire ; mais avec de toutes autres ambitions que les bâtisseurs.
Au minéral de l’environnement urbain, nous adjoignons de la chair, du vivant, nos corps. Face à l’immobilité impassible d’un bâtiment, nous mettons du mouvement, de la mobilité et une certaine fragilité.
A côté du durable et du permanent, nous proposons de l’éphémère.
Il s’agit ici pour nous de comprendre la vision que « la ville » a d’elle-même (ou comment vous portez vous ?) et d’amener les gens, pour un instant, à regarder autrement ou ailleurs.
Sur nos terrains d’expérimentation, nous observons tout d’abord ses particularités, ses formes singulières ou autres détails insolites, puis nous cherchons ensemble comment nous fondre dans cet espace urbain, comment l’habiller ou le redessiner corporellement. Ainsi une église, des gargouilles, un pont en pierre, un arbre dans une place peuvent devenir source d’inspiration et une matière qui nourrit notre recherche acrobatique et chorégraphique.
Nous mettons en jeu des forces qui définissent une forme. C’est de cet équilibre des forces que nous puisons le sensible et une aspiration à la beauté.
Ainsi un simple trajet quotidien ou une promenade routinière pourra se transformer en un véritable ‘’Voyage’’, une expérience visuelle ou sensorielle, une redécouverte des richesses oubliées de son environnement.

Calendrier previsionnel

• Les Voyages Expérience 1 – du 25 avril au 6 mai 2018 : Agglomération de Valenciennes, dans le cadre du festival Les Turbulentes (Vieux Condé) et du pôle Européen de création (Le Phénix-Valenciennes)
• Les Voyages Expérience 2 – du 11 au 17 juin 2018 : Amiens, dans le cadre du festival « La rue est à Amiens »
• Les Voyages Expérience 3 – du 18 au 24 juin 2018 : Alès (quartier Rochebelle) dans le cadre du temps fort « INcircUS »
• Les Voyages Expérience 4 – du 25 juin au 1er juillet 2018 : Montpellier (Domaine d’O) dans le cadre du festival « Printemps des comédiens »
• Les Voyages Expérience 5 – du 2 au 8 juillet 2018 : Alès dans le cadre du festival « Cratère surface »

Equipe artistique et partenaires

Distribution

Adria Mitjavilla-Cordoncillo, Amaia Valle, Alexandre Fournier, Alice Noel, Anahlou Serre, Antoine Thirion, Basile Forest, Caroline Le Roy, Clémence Gilbert, David Coll Povedano, Denis Dulon, Florian Sontowski, Frédéric Escurat, Guillaume Sendron, Jordi Puigoriol, Marianna Boldini, Michael Pallandre, Mikis Matsakis, Pablo (Otto) Monedero de Andres, Pierre Le Gouallec, Pierre-Jean Bréaud, Romain Guimard, Sergi Parès, Wilmer Marquez.

Sous le regard bienveillant d’Olivier Comte et le support photographique de Samuel Buton.